Lundi 7 juillet 2008
1
07
/07
/Juil
/2008
18:38
Sautons du coq à l'ane, et l'ane et le coq avec. Parlons de Un pretre marié,
magnifique roman de Jules BARBEY D'AUREVILLY. Cet homme de lettres, normand d'origine,est un peu la figure sombre du XXéme, coincé entre réalisme et naturalisme,au style précis,faussement maniéré,
habillant des histoires, en usant des artifices du conte oral,des histoires terrifiantes,trés romancées,mélant catholicisme, sorcelerie, fatalité et malediction.Sans doute son oeuvre la
plus "populaire" serait le recueil de nouvelles Les diaboliques; Cependant nous évoquerons ici "Un pretre
marié".
Tout commence par un médaillon;et dans ce médaillon,réside déjà le coeur du roman,une jeune fille d'une beauté particuliérement particuliére,portant un bandeau rouge vif sur le
front,sous ses longs cheveux blonds.Tout réside déja sur les traits d'un visage pur, appartenant à une créature en fait considérée comme une abomination.BARBEY D'AUREVILLY sait jouer des
contrastes, et ,en narrant la malediction d'un ancien pretre qui a choisit d'abandonner Dieu et qui,en plus de s'etre marié,a procréé!,il injecte dans le roman une dose de trouble,lui meme étant un
pieux catholique,en forçant l'héroisme et suscitant de l'admiration pour ce personnage qui ne devrait que provoquer effroi et dégout.Car Sombreval, anti héros maudit,dont l'onomastique révéle déjà
cette noirceur de l'ame,fait résonner l'écho de sa mauvaise réputation entretenue par tout ces petits villages normands alentours, Sombreval,s'il est en quelque sorte un mauvais
chrétien ,apparait parallélement comme une figure scientifique brillante,mais surtout comme un père modéle,le père meme,le père absolu,dévoué à son enfant malade,et qui ira jusqu'à feindre la
rédemption pour guérir sa fillette,et faire mentir les mauvais présages de la Malgaigne.
Le récit,qui utilise une fois de plus le procédé de mise en abyme par narrateurs interposés,se fait agréable,classieux et limpide,une fois que le roman est bien entamé,et
l'onomastique,trés interessante et renvoyant parfois à d'autres ouvrages de l'auteur,(L'Ensorcelée, entre autres),ainsi que l'usage d'un vocabulaire
normand trés fouillé et subtil, permettent une absorption délicate de cette oeuvre trés belle et effroyable.Oui, BARBEY D'AUREVILLY sait écrire.
Des photos intéressantes sur ce joli blog: http://photograff.blogspot.com/2007/10/un-prtre-mari-barbey.html
Par party nihiliste
1